Côte d’ivoire: Plaidoyer de Blé Goudé pour des élections législatives transparentes

Publié le par patricknguessan

La commission électorale indépendante a proposé que les élections législatives se tiennent en Cote d’ivoire le 11 décembre 2011 sur toute l’étendue du territoire national. Et le Chef de l’Etat, Alassane Dramane Ouattara, a confirmé cette même date par la signature d’un décret dès son arrivée des états unis.

L’organisation de ces élections législatives nous emmène a faire quelques réflexions et observations. Toute élection dans une démocratie se doit d’être transparente afin que les résultats qui en sortent reflètent le choix du peuple, le vrai censeur. Pour se faire, il a été institué une commission électorale indépendante chargée d’organiser les élections et d’en garantir la transparence et la crédibilité. Autorité administrative indépendante, la CEI se doit de rester à équidistance de toutes les chapelles politiques et observer une neutralité. Cette commission dont la neutralité et l’honorabilité ont été fortement entachées lors des élections présidentielles d’octobre 2010 peut elle encore bénéficier de la confiance des ivoiriens au point de lui confier l’organisation des élections législatives ? En d’autres termes, la commission électorale sous sa forme actuelle est-elle encore crédible ?

DE LA CREDIBILITE ET DE l’INDEPENDANCE DE LA COMMISSION ELECTORALE

Dans son organisation, la commission électorale s’articule autour de membres permanents et de membres non permanents. Elle intègre non seulement une commission centrale mais également des commissions locales situées au niveau régional, départemental, sous-préfectoral et communal. Lors des élections présidentielles d’octobre 2010, la composition des instances de la commission électorale était à forte coloration et domination du RHDP qui constituait à l’époque la principale coalition de l’opposition au régime de Laurent Gbagbo. Ainsi, la commission électorale, sensée être indépendante était majoritairement contrôlée par l’opposition. Au lieu de faire le travail à eux confié par l’Etat de COTE D’IVOIRE, chaque camp s’est employé à faire gagner son candidat. Les membres de la CEI étaient donc à couteau tiré. C’est dans ce climat de suspicion que la présidentielle de 2010 a eu lieu. La commission électorale, grippée par ses rivalités et ses antagonismes internes n’a pu se mettre au dessus des clivages politiques pour être à la hauteur de l’espoir que les ivoiriens ont placé en elle. Appliquant à la lettre les instructions de leurs différents candidats, les membres de la CEI ont servi aux ivoiriens la guerre là ou ils attendaient la paix. Sortie défigurée, divisée et humiliée de la présidentielle de 2010, la COTE D’IVOIRE continue de chercher ses marques. Le RHDP est désormais au pouvoir et contrôle la commission électorale qui vient d’enregistrer 14 nouveaux membres en son sein, portant ainsi à 31 le nombre des responsables de la CEI. Les membres de la CEI sous sa forme actuelle ont pour particularité d’appartenir tous au RHDP, coalition au pouvoir. Comme cela peut nous paraitre évident, c’est désormais le pouvoir qui organise les élections dans notre pays. La commission électorale dite indépendante ne l’est plus en réalité. Sous l’ère Ouattara, l’organe indépendant mis en place par Gbagbo Laurent est désormais sous controle total du pouvoir et devient un « ministère de l’intérieur » qui ne dit pas son nom. C’est avec une telle commission électorale aux ordres que le pouvoir Ouattara compte organiser des élections législatives truquées d’avance dans un pays ou les kalachnikovs font désormais la loi, posant ainsi la problématique de la sécurisation et de la liberté du scrutin.

DE LA SECURITE ET LA LIBERTE DES LEGISLATIVES

 

L’accord politique de Ouagadougou avait fini par rassurer les plus septiques des ivoiriens qui voyaient le danger poindre à l’horizon quand la date de la présidentielle approchait alors que les forces armées des forces nouvelles n’avaient toujours pas désarmé conformément au dit accord. La suite est connue de tous. Dans la zone sous control des forces nouvelles, les élections présidentielles ont été un véritable cauchemar pour les différents directeurs de campagnes du candidat Gbagbo et tous ses partisans. Ils ont été victimes d’une extrême violence et n’ont par conséquent pu avoir la liberté de ni gérer les intérêts de leur candidat ni exprimer leur droit de vote. Les hommes en armes chargés de la sécurisation du scrutin et des électeurs ont plutôt pris la place des représentants des candidats, bourrant ainsi les urnes et terrorisants les pros Gbagbo. Après la capture du Président Gbagbo, plus de 200 000 ivoiriens fuyants les exactions des hommes de Ouattara, ont trouvé refuge dans plusieurs pays limitrophes pour avoir la vie sauve. Basés à l’époque dans les zones centre-nordouest, ses hommes pro Ouattara sont aujourd’hui sur toute l’étendue du territoire et les exactions et violences n’ont pas cessé.

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