Les chebab revendiquent une attaque-suicide ayant fait 57 morts à Mogadiscio

Publié le par patricknguessan

chebab.jpgCinquante-sept personnes au moins ont été tuées, mardi 4 octobre, dans un attentat-suicide au camion piégé contre un complexe ministériel à Mogadiscio, selon un bilan officiel provisoire. "Le nombre de personnes tuées est de cinquante-sept, et trente-quatre autres sont portées disparues", a indiqué un responsable policier à Mogadiscio sous couvert de l'anonymat. "Nous craignons que le nombre de morts ne soit plus élevé, car les personnes portées disparues peuvent déjà être mortes", a-t-il ajouté.

Cet attentat, le plus meurtrier des dernières années dans la capitale, est le premier revendiqué par les insurgés islamistes, les chebab, depuis leur retrait de la ville il y a deux mois. Les chebab avaient été contraints début août de quitter la capitale somalienne, face à une offensive menée par les troupes progouvernementales soutenues par une force de l'Union africaine (Amisom).

Le bâtiment qui abrite quatre ministères devant lequel le véhicule a explosé a été endommagé et plusieurs voitures stationnées à proximité ont pris feu. "Un véhicule chargé d'explosifs est entré dans l'enceinte d'un bâtiment officiel", a indiqué un chauffeur de taxi sur place. "L'attaque a été menée par un camion rempli d'explosifs", a précisé un témoin, fonctionnaire au ministère de la santé, un des ministères hébergés dans le bâtiment.

Les insurgés islamistes ont revendiqué très rapidement cet attentat-suicide. "Un de nos moudjahidins ['combattants'] s'est sacrifié pour tuer des responsables du gouvernement fédéral de transition, des soldats de l'Union africaine et des informateurs qui se trouvaient dans l'enceinte" du bâtiment visé, a déclaré au téléphone un responsable chebab, qui n'a pas révélé son identité. L'attentat se serait produit alors que des étudiants faisaient la queue devant le bâtiment pour obtenir des bourses attribuées par le gouvernement turc, selon une source locale.

"UNE SITUATION DÉJÀ TRÈS GRAVE"

Le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a dénoncé cette escalade de la violence en Somalie, qui provoque des "morts, des dizaines de blessés". Par ailleurs, "la reprise des affrontements (...) entre groupes armés rivaux aggrave la situation humanitaire déjà très grave", a déclaré un porte-parole du HCR, Adrian Edwards.

Le HCR est particulièrement préoccupé par les combats et la détérioration de la situation aux alentours de la ville de Dhobley, point de passage pour les milliers de réfugiés somaliens qui fuient vers le camp de Dadaab, au Kenya. L'organisation onusienne enregistre dans ce camp, l'un des plus importants camps de réfugiés au monde, l'arrivée de quelque mille Somaliens chaque jour.

Depuis juillet, l'ONU a déclaré en état de famine plusieurs provinces du Sud somalien contrôlées par les chebab, qui se revendiquent d'Al-Qaida et ont juré la perte du gouvernement de transition du pays soutenu par la communauté internationale. Quelque sept cent cinquante mille personnes en Somalie "sont en danger de mort" si rien n'est fait pour les aider, a de son côté averti une porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA), Elisabeth Byrs.

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