Laurent Gbagbo devant la CPI: «J’ai été arrêté le 11 avril sous les bombes françaises»

Publié le par patricknguessan

Laurent Gbagbo a comparu, le lundi 5 décembre 2011, pour la première fois devant ses juges à la Cour pénale internationale. Premier face-à-face depuis que l’ancien président ivoirien a été transféré à La Haye il y a moins d’une semaine. Il est soupçonné de crimes contre l’humanité, meurtres, viols, persécutions et autres actes inhumains, en tant que coauteur indirect, au cours de la récente crise postélectorale. Laurent Gbagbo a profité de cette audience dite « de comparution initiale » pour dénoncer les conditions de son arrestation et de son transfert à La Haye.

C’est un Laurent Gbagbo calme, posé, qui a comparu ce lundi devant les juges de la CPI. Visiblement satisfait de pouvoir à nouveau exercer ses talents d’orateur, après huit mois de détention à Korhogo. Debout, il prend la parole. À plusieurs reprises, il sourit, se tourne vers ses partisans venus le soutenaurent Gbagbo est en simple costume et cravate bleu marine, chemise blanche. Les vêtements que lui ont trouvés ses avocats car il le rappelle, dénonçant les conditions de son transfert à La Haye, « j’ai été pris par surprise » dit il, « je suis venu sans rien, seulement ma chemise et mon pantalon (...) On m'a appelé. On m'a dit que j'allais rencontrer un magistrat à Korhogo et pendant qu'on discutait le juge d'application des peines est arrivé avec un papier : "voilà un mandat d'arrêt". Le juge m'a pris dans la voiture pour me ramener à mon lieu de détention et puis, je vois qu'on dépasse le lieu de détention et je fais remarquer : "mais on a dépassé l'endroit" et il me dit : "non, on va à l'aéroport". Je lui dis : "mais je vais où en avion ?" Il n'a même pas eu le courage de me dire que j'allais à La Haye. Il m'a dit : "Abidjan". Alors, j'ai ri parce que j'avais compris ».

« Voulez-vous qu’on vous relise le mandat d’arrêt ? », lui demande la juge présidente. « Je ne pense pas que ce soit nécessaire », répond l’ex-président ivoirien. En revanche, il a beaucoup à dire sur les conditions de son arrestation : « J’ai été arrêté le 11 avril sous les bombes françaises, dit Laurent Gbagbo, c’est l’armée française qui a fait le travail ».

A Korhogo, il dit avoir passé huit mois « sans pouvoir sortir, sans voir le soleil ». Et d’ajouter, « ici heureusement, on m’a fait des radios, on me donne des médicaments, on vit bien ».

« Maintenant que je suis là, on va aller jusqu’au bout », dit encore Laurent Gbagbo. « Je vais voir quels sont les éléments de l’accusation, et les confronter à ma vérité ».

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