Enquêtes de la CPI sur les crimes commis en Côte d'Ivoire : communiqué des avocats du couple GBAGBO

Publié le par patricknguessan

laurent-GbagboPar un rapport d’octobre 2011, l’Organisation Human Rights Watch appelle à une justice impartiale
en Côte d’Ivoire pour éviter l’accomplissement d’une justice des vainqueurs qui est malheureusement
à craindre tant l’attitude des autorités ivoiriennes paraît tendancieuse.
Il est à saluer l’attitude de l’Organisation Human Rights Watch qui fait état de l’attitude pour le moins
ambiguë des autorités ivoiriennes, ce que la défense du couple présidentiel s’est toujours efforcée de
dénoncer.
Néanmoins, à la lecture du rapport nous tenons à faire quelques observations.
En effet, le rapport énonce que la responsabilité du Président Laurent GBAGBO peut être retenue du
fait qu’en sa qualité de commandant en chef des forces armées, il serait responsable des crimes de
guerre et des crimes contre l’humanité qui auraient été commis par son armée.
Tout d’abord, il convient de relever que le Président Laurent GBAGBO et ses généraux contestent et
ont toujours contesté avoir donné des ordres constitutifs des crimes susmentionnés.
En outre, on s’étonne que le rapport fasse état d’une éventuelle responsabilité du Président Laurent
GBAGBO sans que ce parallèle soit fait pour la responsabilité du Chef de l’Etat, Monsieur Alassane
OUATTARA.
Le Président Laurent GBAGBO serait responsable de crimes de guerre et contre l’humanité en sa seule
qualité de chef suprême des armées, alors que la responsabilité de Monsieur le Chef de l’Etat Alassane
OUATTARA semble passée sous silence pour sa qualité de chef suprême des Forces Républicaines de
Côte d’Ivoire (FRCI), qu’il a lui-même créées par un prétendu décret.
Mieux les Forces Nouvelles de Côte d’Ivoire devenues FRCI, depuis leur rébellion de 2002 ont
formellement reconnu que c’est Alassane OUATTARA qui était leur Chef et que c’est pour lui qu’ils
ont fait la rébellion qui a tué plus de dix mille personnes et fait de nombreuses victimes vivant
aujourd’hui avec leur traumatisme à vie.
Le Président Laurent GBAGBO devrait être poursuivi pour des crimes de guerre et contre l’humanité,
parce qu’il n’aurait pas empêché des prétendus crimes de ses forces.
Dans le même temps, la responsabilité du Chef de l’Etat Alassane OUATTARA semble omise, alors
que des organisations internationales ont dénoncé les milliers de crimes commis par ses hommes et
ceci alors même que Monsieur OUATTARA n’a non seulement pris aucune mesure pour empêcher de
tels crimes, mais qu’il ne les a pas non plus dénoncé ni condamner fermement en posant des actes
concrets.
L’on pourrait imputer au Président Laurent GBAGBO des crimes de guerre et contre l’humanité, pour
avoir eu en sa résidence des types d’armes ayant été utilisées pour des tueries, alors que l’Hôtel du
Golf recelait des mêmes types d’armes que ceux qui ont servi pour les massacres de DUEKOUE. Et
pourtant c’est la seule responsabilité du Président Laurent GBAGBO qui semble mise en évidence, et
non pas celle de Monsieur OUATTARA.
Enfin, le Président Laurent GBAGBO serait responsable de crimes de guerre et contre l’humanité pour
n’avoir pas poursuivi des personnes ayant commis de crimes, alors que non seulement Monsieur
OUATTARA n’a poursuivi aucun de ses hommes, mais au contraire il les a récompensés en leur
accordant une brillante promotion.
Comme politique de deux poids deux mesures, il est difficile de faire mieux !
Enfin, il est important de s’interroger sur les raisons ayant amené Monsieur le Chef de l’Etat Alassane
OUATTARA à récompenser des hommes accusés d’avoir commis le plus grand massacre de la crise
postélectorale ivoirienne ainsi que ceux des périodes de 2002 à 2006.
Par ailleurs, procédure pénale pour procédure pénale, en matière d’infraction, nous avons les auteurs
et les commanditaires. On ne peut avoir trouvé le commanditaire sans preuve alors même que
l’auteur des infractions reste à découvrir.
La théorie de la présomption d’innocence récemment défendu par François Fillon devant l’Assemblée
Nationale Française semble ne pas être valable pour les Africains.
Maître Ciré Cledor LY Maître Habiba TOURE Maître Hervé GOUAMENE

Publié dans POLITIQUE

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article